Jazz

Lady M


Du 16 au 20 janvier 2017


Attiré par des modes d’expression très divers, tant dans son jeu de guitare qui intègre une grande variété de techniques de production du son que dans son travail de compositeur, Marc Ducret nous propose une adaptation jazz et lyrique de Lady Macbeth, en proposant trois séquences musicales successives, basées toutes trois sur le même texte : du monologue de lady Macbeth à l’acte V de la pièce.

La première séquence, confiée au contre-ténor, installe d’emblée une poétique de la nuit : somnambule, Lady Macbeth supplie le sommeil de venir, mais Macbeth « a tué le sommeil » et la nuit est devenue l’enfer du remords.

La deuxième séquence, chantée par la soprano, répète le même texte en l’éclairant de façon différente : en accentuant l’horreur de Lady M, la voix féminine prolonge l’angoisse de son monologue et son sentiment d’irréparable, de destin implacable.

Enfin, une troisième séquence redit le remords qui ne cesse de tourner dans l’esprit de Lady M, cette fois chanté par les deux voix et accompagné par tous les instruments, dans une version éclatée du même texte : la répétition est l’essence du remords, sans fin ni pardon possible.

« Macbeth » est une pièce de la nuit : le crime a lieu la nuit, on assassine un roi qui dort – exactement comme dans Hamlet. Bien plus, le crime nie le repos de la nuit, il fait basculer son repos bénéfique dans un cauchemar sans repos possible : une nuit qui ne verra plus aucun jour se lever. C’est la nuit que Lady Macbeth revit sa culpabilité; somnambule, elle est hantée par leurs crimes et appelle en vain un sommeil qui la fuit.

Marc Ducret : guitare, composition | Léa Trommenschlager : chant | Rodrigo Ferreira : chant | Sylvain Darrifourcq : batterie | Joachim Florent : contrebasse | Catherine Delaunay : clarinette | Régis Huby : violon | Sylvain Bardiau : trompette | Céline Grangey : son